La permaculture

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La permaculture et les JPTS

Depuis plus d’une année, nous avons entrepris la création d’un jardin potager paysager en permaculture.

Tâche aussi plaisante que difficile, car sur 4000 m² de notre terrain, Mère-Nature a repris ses droits depuis plus de 30 ans.

4000 m² aux abords des Vallons obscurs sur une terre baptisée «Côteau riche » par les Anciens, autant dire que les conditions idoines étaient réunies.

Riche en espèces, faune et flore confondue, abritant plus d’une quarantaine d’espèces endémiques protégées, bénéficiant en plus d’un microclimat quasi idéal ; il allait de soit de tout mettre en œuvre, de mettre les mains dans la terre pour rendre à cette terre sa noblesse d’autrefois.

Tout d’abord, nous avons pris soin d’observer ce système, de l’appréhender au fil des jours de façon à se mettre en phase avec ce terrain qui, il n’y a pas si longtemps, a nourrit des familles pendant des générations.

Ensuite, nous avons commencé les travaux nécessaires de dépressage, de désherbage, et délimitation des parcelles tout en en réduisant au minimum notre impact sur la biodiversité. Puis la mise en culture de larges restanques ainsi que l’implantation de vivace mellifères, médicinales ou aromatiques a amené au jardin plusieurs espèces pollinisatrices bienfaisantes.

De fil en aiguille, notre jardin s’est développé naturellement au rythme des saisons. Beaucoup d’espèces, autrefois recouvertes de ronces, prenaient place ci et là recouvrant la parcelle d’une multitude de fleurs aussi jolies qu’utiles.

Mais avant de continuer plus amplement et de présenter l’approche ainsi que les concepts propre à la permaculture au sains des JPTS, voici une définition qui à notre sens, se rapproche le plus de celle-ci :

« Au centre de la permaculture, il y a trois principes fondamentaux : prendre soin de la terre, prendre soin de l’humain, et partager équitablement. Ils forment le socle de la conception permaculturelle.

[…]

On peut envisager chaque principe comme une porte ouverte sur l’approche de pensée systémique et holistique, chacun offrant une perspective différente qu’on peut interpréter à plusieurs niveaux de profondeur et de mise en œuvre. »

Outre le fait de travailler la terre et d’agir en adéquation avec ses principes, nous avons pensé la réflexion plus en avant.

Pour nous, la permaculture est bien plus qu’une façon différente, alternative de jardiner ou de s’occuper d’espaces naturels. La permaculture c’est aussi le noyau central d’un art de vivre autour duquel gravite une multitude d’éléments majeurs nécessaire à la pérennité d’une société.

Comme Fukuoka dans son fameux traité sur l’Agriculture sauvage : « la Révolution d’un brin de paille » et d’autres avant lui, nous avons intégré le fait que l’on ne peut isoler un aspect de la vie d’un autre et que tout est intrinsèquement lié.

C’est pour cela que nous avons décidé de nous focaliser sur 5 de ces éléments qui sont : la culture, l’agriculture, la transmission des savoir, la santé en y incluant les médecines préventive et les arts. Il est tout à fait possible dans un jardin de le relier de façon intelligente et pérenne.

Nulle question ici de tomber dans le passéisme ou la nostalgie. Il faut savoir vivre avec son temps. C’est pour cela que les JPTS se veulent être un pont entre le passé et le futur. Ceci en laissant la porte ouverte à des techniques dites « modernes » ou « novatrices » si bien évidemment leur impact systémique est quasi nul. Malraux n’a-t-il pas dit : « L’avenir est un présent que nous offre le passé ». A méditer…

C’est bientôt la fin du mois d’août, le soleil tape moins fort sur nos têtes, les colchiques sortent gaiement de terre, et les nuits sont plus fraiches.

Notre jardin a largement récompensé nos efforts, des centaines de kilos de beaux légumes ont été cueillis, les restanques sont devenues havre de paix des coccinelles et des papillons.

Cependant beaucoup reste à faire.

A l’automne la mise en place de plusieurs buttes pérennes, ainsi que les réfactions des bassins sont prévus. Déjà les légumes d’hivers prospèrent, les aromatiques éclatent, bientôt, nous espérons l’espace va s’agrandir et par la même les champs des possibles. Quant aux autres parcelles, elles sont au repos, en jachère, elles ont aussi le droit de respirer, de se bonifier lentement mais sûrement au rythme de la terre.

Point besoin d’une dizaine d’hectares comme Fukuoka ou de 4000 m² comme les JPTS, quelques m² sur un balcon, une habitation intelligente ou bien ne serait-ce quelques pots en appartements suffisent.

Quand nous changeons la façon de faire pousser notre nourriture, nous changeons notre nourriture, nous changeons notre société, nous changeons nos valeurs.

A l’heure actuelle où tout s’accélère, où les immeubles poussent plus vite que les champignons, où une journée passe en une seconde, il faut, nous pensons, accepter la résilience et le détachement. C’est nos yeux la seule alternative possible pour une société soutenable. Nous y travaillons en tout cas.

Il est temps, plus que jamais, d’appliquer la sage devise des jardiniers : « festina lente » (hâte toi doucement). C’est ça, hâtons-nous de travailler la terre, mais lentement au rythme de la terre. C’est dans l’accomplissement de cette philosophie que les JPTS œuvrent et continueront d’œuvrer.

Comme nous l’avons souligné plus tôt, nous misons beaucoup sur la transmission des savoirs, sur les liens intergénérationnels et interculturels, c’est pour cela qu’histoire de joindre l’utile à l’agréable qu’une fête de l’automne aura lieu sur site. Nous vous invitons à venir nombreux afin d’échanger et communiquer sur la permaculture ou autre.

Il paraitrait même que les légumes poussent mieux en musique !!!

Allez il est temps maintenant d’aller bichonner notre jardin. Bientôt nous lâcherons les poules à la chasse aux sauterelles. Ça vaut tous les insecticides du monde, ainsi gavées elles nous pondrons de bon œufs frais, mais ça c’est une autre histoire…

Florent Negro, président-jardinier des JPTS

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